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Date de création : 01.02.2012
Dernière mise à jour : 15.02.2012
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Page 13. Un fou furieux.

Publié le 03/02/2012 à 16:23 par flaviemillercosta Tags : vie moi monde travail femmes papier sport jeux voyages
Page 13. Un fou furieux.

Ma vie conjugale est en berne, mais sur le plan professionnel, ça déménage !

Je prends du galon, et j'accepte un poste en détachement, à la station Opéra. Les beaux quartiers, le lèche-vitrine, la place Vendôme, les bijoutiers, le luxe...L'administration n'aligne pas mon salaire sur les prix du quartier. Dommage dommage...La place Vendôme, je ne peux me l'acheter qu'au Monopoly, un jeu que je déteste. De toutes façons, tous les jeux m'ennuient. Jouer m'empêche de rêver.

Opera Garnier. Metro Opéra.

Côté ambiance, j'ai perdu au change. Mon nouveau directeur est un fou furieux, il hurle, il aboie, il s'excite tout seul, claque les portes, s'égosille dans son téléphone, injurie le petit personnel. Grand,brun pas mal, athlétique, frais émoulu d'une grande école, il n'a aucun contrôle et s'égosille à tout propos, ses ennemies préférées étant les secrétaires. il les traite avec mépris et condescendance, et s'excuse à coup de boites de chocolats, qu'il pose d'un air détaché sur le coin de leur bureau. Je suis révulsée.

Le sport favori de ce con est la drague, après le tennis bien sûr. Il a à son actif deux dépressions nerveuses, pas pour son propre compte, pour celui de ses deux ex adjointes, des femmes pourtant ambitieuses,qui ont plongé, pour avoir entretenu avec lui une liaison passionnée. Lui, Il est marié avec une petite dame toute timide, terne et triste.
Je trouve parfois les secrétaires en larmes. Je leur conseille à un minimum de rébellion, mais leur réponse "il est quand même gentil, il nous offre des chocolats" me donne une furieuse envie de les secouer.



Au bout de quelques semaines, j'ai une envie irrepressible de lui coller des tartes.

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Je ferme la porte de mon bureau ? ça l'énerve. Je mâchouille du chewing gum, pour décompresser? ça l'énerve. Je ris devant le distributeur de café, avec des collègues du technique? ça l'énerve. C'est un professionnel du harcèlement moral.
Je ne cède pas, ni à ses ordres de cracher mon chewing gum, ni à aucune de ses interdictions et injonctions.Il se met donc à me draguer.
Je décline ses invitations à boire le café du matin avec lui, dans "un petit bar sympa." Je décline ses invitations à Rolland Garos, je suis sans arrêt sur mes gardes, surtout le soir quand le travail s'éternise un peu, et qu'il passe son temps à lire par dessus mon épaule, juste collé légèrement à moi, pour entretenir une ambiguité, sans se risquer à essuyer une veste!
Un matin, ce fou furieux jette mes classeurs à l'autre bout de son bureau, j'ai fait une erreur dans les statistiques...Une erreur qui ne met pas la nation en danger, j'ai pourtant l'impression à l'entendre, d'avoir déréglé une centrale atomique .
Je ramasse mes dossiers, tranquilement, ça le calme, il pense m'avoir maté mais je réfléchis à toute vitesse et...de retour devant lui, je balance mes dossiers en vrac sur son bureau, et je sors en claquant la porte à la volée. Si son idée est de me prouver que de nous deux c'est lui le plus con, il ne gagnera pas. Tous aux abris !
Je m'attends à une réaction violente, une mise à pied, mais rien de tout cela n'arrive.
Le lendemain, je ne le salue pas. Je reste cloitrée avec mes dossiers pendant quelques jours, tout le monde me fuie, j'ai osé braver Satan !
Au bout de quelques jours, je dépose ma lettre de démission au secrétariat, je ne suis pas au bout de mes surprises, il me convoque.
Assise en face de lui dans son bureau, il me regarde droit dans les yeux et me demande de rester travailler avec lui. "Nous n'allons pas nous fâcher pour une erreur"...Je lui rétorque que si si si, nous allons nous fâcher. Il insiste, il veut que je reste. Non. Il rédige donc en soupirant, et avec son superbe stylo Mont Blanc, ma remise à disposition. Il me tend le papier, je le lis, et je lui dis "C'est faux ce que vous écrivez". Il s'énerve et jette son stylo "Tès bien si vous êtes plus intelligente que moi vous n'avez qu'à me dicter madame". Je dicte. Il écrit. Le monde à l'envers ! Munie de l'attestation qui me convient, je le salue et je repars dans le 12e arrondissement. Fin du luxe !

A la maison, c'est le statu quo.