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Date de création : 01.02.2012
Dernière mise à jour :
15.02.2012
18 articles
La nouvelle me tombe sur le coeur la semaine suivante : Bertrand est amoureux. Pas de moi. Plus de moi.
Nous sommes en 1979, notre mariage est jeune de trois ans. Il m'annonce les faits avec précaution. Il a eu un coup de coeur pour l'épouse d'un camarade socialiste. Preuve que le militantisme n'exclue pas les sentiments...Je suis effondrée. La dame a mon âge, ce qui me dispense d'une jalousie liée au temps qui passe, à mes supposées rides précoces, à mon éventuelle cellulite; mon jeune mari n'aime que les femmes mûres. J'ai 30 ans. Ma concurente aussi. Moi qui me méfiais des jeunettes ! Comme moi elle a un fils, du même âge que le mien, et comme moi elle a un mari.
Savoir qu'elle a un mari me semble êtres de bon augure, dans un premier temps. J'espère en effet que son mari va manisfester comme moi, un mécontentement suffisant pour que les tourteraux mettent une terme à leur passion débutante. Que neni. A croire que le futur ex mari de madame est heureux de trouver preneur ! Je pleure, je rage et je pleure encore.
Je comprends vite que je ne ferai pas le poids, elle a pour elle de partager les idéales idées de mon conjoint. Et puis, Florence, c'est son prénom, ne veut pas d'enfant. moi j'en voudrais tant un autre...C'est un point crucial de nos discussions récurrentes. Bertrand me démontre à coup d'équations que nous sommes trop nombreux sur la planète et qu'il faut cesser d'urgence de se reproduire.
Les jours passent, je cesse de pleurer et je réfléchis. Que faire ? Tout d'abord prendre un amant ! Pas pour la reproduction, juste pour me rafraîchir les hormones en jachère. Je ne vais pas me dessêcher sur pied, diantre !
J'ai des sollicitations, il me reste à choisir. Je jette mon dévolu sur un chef de chantier végétarien. Il est discret, et marié. Les deux paramètres sont importants, discret afin que l'affaire ne s'ébruite pas, et marié afin qu'il ne se mette pas en tête de vivre avec moi. Il est assez charmant, me propose régulièrement un café quand il passe vers mon bureau, me complimente parfois en rougissant...Je tente ma chance.
C'est rapidement plié, Antoine voyant que je me rend disponible plus souvent pour bavarder avec lui m'invite un soir à boire un apéro à la rhumerie saint Germain. OK. Je m'organise. Nous passons une excellente soirée dans une ambiance trop enfumée. Je téléphone, pour faire garder Jérôme. Lui téléphone chez lui, pour invoquer un problème professionnel urgent et, sortant de notre bar, nous nous dirigeons vers un petit hôtel discret.
Je ne regrette pas la halte coquine ! Il faut se méfier des hommes timides, Antoine semble réservé en effet,mais sous son air vaguement éberlué il cache une libido redoutable. J'envoie voltiger mes vêtements, et il me découvre toute dentelles noire et bas jarretelles. Il est scotché, j'ai toujours un style sportswear, il n'avait pas imaginé...Nous passons trois heures riches en dépense d'énergie.
Quand je rentre chez moi, il est minuit largement passé. Bertrand est rentré, Jérôme couché.
Bertrand inquiet, s'enquiert d'éventuelles problèmes que j'aurais rencontré pour revenir si tard. "Aucun problème, j'ai pris un amant", ma réponse est précise. Les bras lui en tombent.
Nous discutons de notre avenir le restant de la nuit.